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Témoignage...

Une barrière amovible pour adapter la taille de l’aire des vaches laitière en système vêlage groupé printemps et automne

A la ferme des Champs de Bray (Pays de Bray, Seine-Maritime), Charlène et Thomas ont fabriqué une barre amovible pour adapter la taille de l’aire paillée des vaches (laitières d’un côté, taries de l’autre) au nombre de vaches en lactation. En effet la ferme étant en système vêlages groupés (avec deux périodes de vêlage : 70 % du troupeau au printemps et 30% à l’automne), la part de vaches en lactation et de vaches taries varie au cours de l’hiver ce qui complexifie l’organisation des espaces sous le bâtiment. La barrière amovible permet donc d’adapter la taille de l’aire paillée au fil de l’hiver. 

Pour la déplacer, les deux parties latérales de la barrière se replient sur la partie centrale, et le tout est soulevé et transporté à l’aide du lève palette ou de la griffe à fumier. 

Voici quelques photos de la barrière : 

photo barriere amovible (1)

Barrière amovible installée dans le bâtiment

photo barriere amovible (2)photo barriere amovible (3)

Au centre, la barrière est stabilisée par deux pneus remplis de béton. Sur les deux côtés elle est fixée grâce à des chaînes.

 

 

 

Prairies pharmaciesVous avez déjà entendu parler de « prairies-pharmacies » ? Alors non, ce n’est pas une prairie sur laquelle on installe son infirmerie. Quoique… On n’est pas si loin : une prairie pharmacie c’est une prairie dans laquelle on retrouve des plantes à vocation alimentaire (type RGA, trèfle blanc, fléole, fétuque, dactyle) et des plantes d’intérêts médicinales. Sur ce second point, les candidats ne manquent pas : la chicorée, le plantain, l’achillée millefeuille, la centaurée noire, le sainfoin, le lotier… Les arbres peuvent aussi avoir leur place dans ces prairies pharmacie : frêne, saule,… Ils peuvent aussi avoir des intérêts santé et fourragers. Mais concrètement, que sait-on de leurs effets sur la santé de nos animaux? Quelles plantes sont intéressantes, et pourquoi? Et au contraire, quelles sont les limites de ces prairies pharmacies?

 

 

Cet article vous propose un tour d’horizon des informations qu’on peut trouver sur les prairies pharmacies et les espèces généralement implantées. C’est un sujet encore récent dans la recherche agronomique, avec peu de recul et d’essais réalisés. Cet article présente les résultats de quelques essais conduits en France et à l’étranger. Il faut toutefois bien garder en tête que les plantes citées sont consommées en petite quantité (car en mélange dans la prairie). On ne peut donc pas espérer de miracle sur les animaux : les plantes ont avant tout un rôle préventif et de soutien pour l’animal, elle ne joue pas un rôle de médicament à proprement dit. 

Une grande diversité d’espèces pour favoriser les complémentarités

Prairies pharmacie

Dans les prairies pharmacies, on retrouve généralement des plantes connues pour leurs bienfaits digestifs : pimprenelle, achillée millefeuilles... Ainsi que des plantes à tanins condensés qui permettraient de réduire la pression parasitaire : lotier, sainfoin, plantain, chicorée… (voir paragraphe sur les plantes à tanins ci-dessous). Le point commun de ces espèces est d’être riches en métabolites secondaires : flavonoïdes, polyphénols, tanins. Certaines plantes ont aussi des caractéristiques améliorant leur digestibilité et ainsi les performances zootechniques.

 

 

 

 

 

La grande diversité d’espèces de ces prairies permet aussi une grande diversité de systèmes racinaires, qui puisent des oligo-éléments à plusieurs profondeurs. Par exemple, dans le cadre d’essais de prairies pharmacie, le contrôle de performance Eilyps (en Ile et Vilaine, Bretagne) a relevé deux fois plus de calcium et de phosphore dans les prairies pharmacies par rapport à une pâture habituelle. Il a également été trouvé des métabolites anti-oxydants qui sont intéressants pour améliorer le statut inflammatoire. D’après des essais conduit au Quebec, le plantain et la chicorée ont des niveaux plus importants de calcium et zinc que les plantes de pâturage habituelles.

calcium zinc

 

[Source : https://cetab.bio/wp-content/uploads/2013/07/rapport_final_-_paturage_-_09-inn01-09_public.pdf ]

 

Dans ces prairies pharmacies, on trouve aussi des espèces plus axées sur la production fourragère : ray-grass, luzerne, chicorée. Certaines espèces ont aussi la particularité d’être particulièrement résistantes au sec (généralement grâce à un système racinaire plus profond) : c’est le cas notamment de la chicorée.


Les prairies semées comportent jusqu’à 15 à 17 espèces, mélangeant des espèces aux vertus médicinales et des fourragères classiques. Une telle diversité permet d’élargir les actions de prévention et d’augmenter l’appétence. Certains éleveurs les implantent dans une parcelle habituellement pâturée, avec un passage des animaux toutes les 2 à 3 semaines. D’autres choisissent d’implanter ces mélanges spécifiques non pas en une seule parcelle mais sous forme d’une bande commune à plusieurs paddocks.

Résultats d’essais en Irlande sur les prairies pharmacies

Une étude a été conduite en Irlande en 2015-2016 pour tester les effets de prairies multi-espèces (comparées à des prairies ray-grass anglais seul, ou ray-grass anglais-trèfle blanc) sur l’utilisation de vermifuges en élevage ovins. Deux types de prairies multi-espèces ont été testées :

  • Un mélange 6 espèces : deux graminées (RGA et fléole des prés), deux trèfles (trèfle blanc et trèfle violet) et du plantain lancéolé et de la chicorée
  • Un mélange 9 espèces : dactyle, lotier pédonculé, achillée millefeuille, ainsi que les 6 espèces citées dans le mélange précédent.

Les résultats ont montré que les animaux conduits sur des prairies multi-espèces étaient moins parasités, ce qui permettait de réduire le recours aux vermifuges. Les prairies multi-espèces ont aussi permis d’améliorer les performances zootechniques du troupeau (meilleure croissance des agneaux).

Pour plus d’info sur ces essais : https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S1751731118003245?via%3Dihub

Des propriétés antiparasitaires permises par les plantes à tanins ?

Les tannins ou tanins – les deux orthographes sont admises – sont des substances que l’on retrouve dans divers végétaux comme le pin, la vigne, l’aubépine, et dans les légumineuses comme le sainfoin ou les lotiers. Les tannins sont répartis en deux grands groupes :

  • Hydrolysables – c’est-à-dire solubles dans l’intestin. Ils sont responsables de nombreux effets toxiques pouvant apparaitre lors de la consommation de certaines plantes : noisetier, chêne (notamment dans les glands) et châtaigner par exemple.
  • Les tannins condensés, moins toxiques que les précédents (car ils ne traversent pas la barrière intestinale), sont présents dans les légumineuses comme le sainfoin, les lotiers (lotier corniculé et lotier pédiculé), mais aussi dans une moindre mesure le plantain et la chicorée.


C’est ce deuxième type qui nous intéresse dans les prairies pharmacies car ils possèdent des propriétés thérapeutiques et pourraient constituer une méthode alternative ou complémentaire aux vermifuges de synthèse pour la maîtrise des strongles digestifs.
Végétaux contenant des tanins :

 

tanin

 

Différentes études réalisées chez les caprins et les ovins montrent qu’une alimentation riche en tanins condensés peut permettre de lutter contre les strongles digestifs. En effet, ils permettraient une réduction des œufs de parasites dans les fèces, (et donc une moindre contamination des pâturages et du reste du troupeau). Les tanins condensés chez des ovins parasités permettraient également de meilleurs résultats zootechniques : une meilleure croissance, un meilleur gain de poids et une augmentation de la production de laine.

action tannins

Ces performances zootechniques s’expliquent par un effet « by-pass » des tanins sur les plantes fourragères : les tannins présents dans le rumen agissent sur les protéines qui sont alors mieux assimilées dans l’intestin grêle que sans tannins.

Malgré ces résultats encourageants, il subsiste quelques interrogations quant à l’utilisation de plantes à tanins hydrolysables en alimentation animale. Les essais réalisés jusque-là montrent certes des effets des plantes à tanins condensés, mais ces effets s’observent pour des doses relativement importantes en tanins condensés. Or en condition d’élevage, les prairies pharmacies prennent la forme de prairies multi-espèces avec des plantes à tanins condensés, mais pas que ! Avant de conclure sur les effets possibles de prairies pharmacies sur le parasitisme des animaux, il faudrait en savoir plus sur la dose optimale d’utilisation pour observer des effets sur le troupeau.
De plus, bien que plusieurs essais aient été conduits chez les petits ruminants, les essais en bovins sont rares. Pour le plantain, d’après des expérimentations, il faut que les vaches ingèrent 5 kg de MS de plantain pendant 10 jours pour observer un effet parasitaire. On n’est rarement à ce niveau d’ingestion dans nos prairies ! Ce résultat est à mettre en relation avec la teneur relativement faible en tanins condensés du plantain (comparé au sainfoin et lotier notamment).

Accepter d’avoir des prairies considérées comme « sales » ?

Certaines plantes, considérées comme des adventices, se révèlent bénéfiques au troupeau. L’achillée millefeuille par exemple est souvent vue comme une « mauvaise herbe », alors que c’est une plante riche en minéraux pouvant être intéressante pour la santé du troupeau (elle aurait notamment des propriétés antiparasitaires).

Ainsi, face à une prairie naturelle dont la flore se diversifie, il faut accepter l’apparition de ces plantes moins productives, mais qui participent à la résilience de la prairie et qui peuvent présenter un intérêt pour la santé des animaux. Laisser les orties dans des parcelles à foin peut être intéressant. Elles sont riches en MAT, en silice, fer et différents composés à valeur santé pour les animaux. Les orties sont globalement considérées comme des aliments « booster », à l’instar de la spiruline chez les humains.

Attention, il ne faut pas pour autant se réjouir de voir une prairie se couvrir de plantes spontanées peu productives au détriment des graminées et légumineuses fourragères. Le développement de ces plantes peut aussi être signe d’une dégradation de la prairie. Par exemple, l’achillée millefeuille peut devenir abondante dans des prairies surpâturées. Une forte abondance de plantain (plus 5-10% du couvert apparu spontanément, et non pas semé) peut être signe d’une dégradation de la prairie et d’une perte du potentiel de production). Dans ces deux cas, certes on peut peut-être tirer un intérêt « santé » à pâturer ces plantes, mais il ne faut pas oublier ce qu’elles nous disent sur l’état de la prairie : il est tant de mettre en place des mesures pour améliorer la gestion de la prairie !